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Alumni de l'UFAR : l'histoire de succès de Norayr Mkhitaryan (PROMO 2011)

A l’occasion de son 20e anniversaire, l’Université française en Arménie lance une série d’entretiens « Alumni de l’UFAR : une histoire de succès » avec ses 15 promotions (2005-2019). La réussite de ses alumni est la plus grande récompense d’une université.

Retrouvez les entretiens en 2 langues sur les sites ufar.am et don-ufar.com

Norayr Mkhitaryan | alumnus de la faculté de Gestion de l’UFAR, promotion 2011 | Cabinet de conseil Deloitte, Manager d’Audit | Londres, Grande Bretagne.

  • Pourquoi avez-vous choisi cette profession ?

Quand j'étais encore à l’école, j'ai gagné l’olympiade régionale des écoles en sciences économiques, et je pense que c'est ce qui a joué un rôle primordial dans le choix de ma profession. Le choix de la profession est d’une façon imposé par le temps. Il y a 15 ans, on avait partout des juristes et des économistes, aujourd'hui c’est le moment des technologies d’information, et on ne sait pas ce qui se passera demain. Bientôt quand les gens changeront de 2 à 3 métiers dans leur vie, on assistera à une transformation globale du domaine de l’enseignement qui doit s’adapter et être prêt à ces changements.

Je pense que l’UFAR a choisi une bonne stratégie de développement pour s'adapter à l'esprit du temps à travers son projet UFAR20+.

D'ailleurs, nous vivons en ce moment une période intéressante : la propagation du Covid-19 dans le monde accélère le développement de l'éducation en ligne, et je suis sûr que cette situation ouvrira de nombreuses opportunités, de nouvelles professions vont naître. Il faut en tirer le meilleur.

  • Que pensez-vous de l'efficacité des connaissances offertes par l’UFAR ?

L'un des problèmes du système d’enseignement arménien est que les bons et les mauvaises étudiants sont obligés d’étudier pendant 5 ou 6 ans dans la même salle (c’est pareil à l’école secondaire). Cela conduit à une médiocrité collective. Cependant, l’UFAR avait un très bon "mécanisme de filtrage" qui améliorait considérablement l'efficacité de l'organisation de la formation. Enfin, nous apprenons plus de l'environnement où on étudie que de l’enseignant-même. L’éducation peut aussi être contagieuse (réd. sourit).

En plus, l’UFAR avait un système d’évaluation juste, ce qui était essentiel pour moi. C’est  important pour un jeune de 17 ans de comprendre qu’il est son seul espoir, s’il travaille bien il pourra bénéficier d’une bourse, dans le cas contraire il sera exclu, il n’existait pas d'options courtes et faciles. C’était aussi une condition nécessaire pour assurer une concurrence saine entre les étudiants.

Le fait que l’université soit dépolitisée était également une condition indispensable à l'organisation des études.

 

  • Quel a été le rôle de l’UFAR pour trouver votre place dans le marché du travail ?

Il y a une célèbre phrase qui dit : une université est bonne grâce à ses meilleurs alumni. Certes, à l'époque où j’entrais à l’université, l'UFAR n'avait donné qu'une génération de diplômés et ce lien n’était pas encore évident. Néanmoins, dans les années qui ont suivi, les alumni ont renforcé la notoriété de l'université par un effet d’une boule de neige, et ce goodwill m'a aussi aidé à trouver un emploi. Je voudrais leur exprimer ma gratitude. Il est essentiel que chaque promotion soit bien consciente de sa part de responsabilité et essaye de monter la barre pour les prochaines générations.

Enfin, les cours de master étaient organisés le soir, ce qui permettait de concilier les études et  le travail en assurant une transition souple de l'enseignement au marché du travail. Sinon il fallait attendre l'obtention du diplôme, chercher du travail pendant un certain temps sans autre occupation, et des fois, accepter un emploi pas très proche de sa profession.

 

  • Quelle est l’importance des deux diplômes dans votre vie professionnelle ?

Je voudrais souligner le riche mélange d’interventions des enseignants arméniens et français qu’il y avait à l'UFAR. D’un côté, nos enseignants français apportaient une culture d’enseignement moderne, ce qui était nouveau en Arménie, en plus ils transmettaient leurs expériences aux spécialistes locaux en contribuant ainsi à leur développement. D’autre part, nos experts arméniens, qui étaient les meilleurs professionnels du domaine, partageaient avec nous leur expérience locale. Ils avaient aussi un rôle important dans la recherche du travail ou de stage. C'est comme ça d’ailleurs qu’avec mes quatre amis de classe nous avons fait nos premiers pas dans le monde professionnel.

 

  • Avez-vous rencontré des obstacles dans votre travail à l'étranger, si oui, comment les avez-vous surmontés?

Après plusieurs années de travail à Erevan, j'ai déménagé à Tbilissi, puis à Moscou, et enfin à Londres.

Ces changements étaient assez stressants mais en même temps extrêmement intéressants. Croyez-moi, voyager dans un nouveau pays est une chose, mais y vivre est une chose complètement différente.

Si en Géorgie j'ai rencontré principalement des barrières linguistiques, en Russie j’ai affronté certaines particularités culturelles, en Angleterre l'écart culturel était beaucoup plus grand et il a fallu plus de temps et d'efforts pour l'identifier, l'analyser et m'y adapter.

Vous savez, l'Arménie est un pays mono-ethnique avec une seule religion, et nous n'avons pas souvent la possibilité de travailler avec des étrangers, en conséquence, nous n'avons tout simplement pas l’expérience de cette communication.

Là encore, je voudrais remarquer le rôle de nos enseignants français qui ont dans une certaine mesure comblé ce vide. D’ailleurs, je pense que ce serait bien d’avoir plus d'étudiants étrangers à l’UFAR, pourquoi pas des étudiants français en programme d'échange.

En ce moment, je travaille dans une équipe où il y a des représentants de 14 pays. Il est essentiel d'être flexible, communicatif et prêt à surmonter les différences interculturelles. 

 

  • Quels sont vos conseils aux étudiants actuels et aux candidats ?

Le monde se développe très rapidement : aujourd’hui la concurrence n’est plus entre l’intelligence et la bêtise mais la réactivité et la lenteur. C’est pourquoi je conseillerais de développer la capacité de réfléchir et de réagir plus vite. C'est probablement cette vitesse qui fait que le rôle de l'université dans la promotion professionnelle ressemble à un actif qui se déprécie (si l’on utilise les termes de finances). L’employeur n'est pas intéressé par l'université où tu as étudié il y a dix ou quinze ans, il regarde ce que tu as fait au cours des dernières années.

Par conséquent, je conseillerais de profiter correctement de la chance du premier emploi et de ne pas succomber à la tentation de l'argent au début.

Il est aussi très important de construire de bonnes relations avec tes amis d’université pendant et surtout après les études. Là je peux dire que j'ai vraiment eu de la chance parce que j’ai étudié avec des personnalités brillantes qui ont sans aucun doute eu un impact positif sur moi.